Il est 19h54, j’attends d’embarquer dans l’avion à Paris CDG. Il me reste 1h30 avant de décoller pour Dubaï où je vais encore devoir tuer toute une journée avant d’arriver à Hanoi samedi à 13h. A ce qu’il paraît dans deux jours (et demi), je vais courir mon 2ème marathon. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, c’est comme si c’était la première fois.

Je suis en train de me remémorer ces 10 semaines de préparation. J’ai cette question qui me trotte dans la tête : suis-je bien entraînée ?

Ma préparation pré-marathon

Durant mon plan d’entraînement je n’ai jamais couru plus de 30 km et déjà durant cette séance, je me souviens avoir réellement senti le fameux mur du marathon. Comme toutes les épreuves sportives, il faut tenir un entraînement et faire preuve de discipline pour atteindre les objectifs initiaux qu’on s’est fixés. Mais je pense qu’avoir un plan d’entraînement c’est aussi pour se rassurer, se dire qu’on ne saute pas dans le vide sans sécurité.

Ainsi, à la question : me suis-je suffisamment entraînée ? La réponse est oui à la vue de mon calendrier d’entrainement. Mais il y a toujours cette part de facteurs extérieurs incontrôlables qui surviennent le jour J et que l’on redoute.

Déjà, ce n’est pas l’idéal de faire deux jours de voyage avant d’arriver. J’essaye de dormir en me calant sur le fuseau horaire de Hanoï, de façon à arriver et pouvoir me coucher directement à 19h pour un réveil à 3h. Avant d’embarquer pour ce voyage, je ne me suis même pas demandé si c’était bien de faire ce marathon à Hanoï. Tout s’est enchaîné bien trop vite au moment de prendre les billets d’avion et le dossard.

Cela fait maintenant un an que je participe à des courses organisées et je connais ce sentiment de se retrouver en face d’un nouveau défi, d’une nouvelle course. C’est le challenge de vouloir battre son record, d’être fière d’avoir participé ou d’avoir fait un meilleur temps.

Courir 42 bornes c’est incroyable, c’est énorme, donc pour me rassurer je repense à ma sortie de 30 km.

A partir du 25e, c’était vraiment dur, la sensation des jambes coupées et la volonté d’arrêter. Concernant ce phénomène, le « mur du marathon » je me suis pas mal renseignée évidemment comme toute personne qui s’apprête à courir un marathon. Pour simplifier, c’est le moment où notre corps ne trouve plus les réserves d’énergie nécessaires pour faire fonctionner nos jambes et à la fois nos organes vitaux. A ce moment notre corps va nous dire d’arrêter pour pouvoir donner cette énergie aux organes qui assurent nos fonctions vitales : c’est le mur.

Pour faire face à ce phénomène, il existe des gels longues distances, des booster, des gels magnésium potassium, des petites pâtes de fruits, des électrolytes pour la gourde… Pour ma part, je choisirai de prendre un gel ou des pâtes de fruits tous les 7/8 km. Pour l’hydratation, je vais courir avec 2L, au lieu de 1L, je bois beaucoup donc j’ai absolument besoin de mes réserves. J’ai l’impression que chaque gorgée me sauve. Ma stratégie sera de beaucoup boire durant ces deux jours et de commencer pleinement hydratée cette course. Objectif : finir ce marathon en 4h15.

Imaginons que je le finisse en 4h30 ça reste quand même une performance, comparé à ce que j’ai fait la première fois, avec un genou très douloureux. Entre temps, je suis allée voir un podologue qui m’a détecté une foulée pronatrice et qui m’a fait des semelles pour corriger ça. Je n’ai plus du tout de douleur au genou alors qu’avant je pouvais le ressentir dès le 18e km et au 30e km, c’était fini, il fallait que je finisse avec la marche rapide, ce qui m’a fait terminer en 5h mon premier marathon à Gizeh en Égypte.

Cette fois, tout se jouera dans les muscles et la tête.

Autre facteur non négligeable, je suis à la moitié de mon traitement pour l’acné, le Roaccutane. C’est un traitement très lourd et fatiguant, qui me détruit le foie, les articulations, les muscles. Je n’avais pas prévu de prendre ce traitement au moment où je me suis inscrite pour ce marathon. Ce traitement est important pour moi, pour me sentir totalement bien dans mes baskets. J’ai pris pas mal de compléments alimentaires cet été pour pallier ce traitement (spiruline, klamath, puis du maca), quand je voyais que je n’avais plus autant de force de me lever à 6h pour courir.

Des compléments alimentaires, du zinc, du magnésium, des acides aminés, du BCAA… Tout cela a fonctionné puisque mon corps est totalement préparé à courir ce marathon, traitement ou pas.

J’ai du mal à me visualiser sur la ligne de départ et encore moins sur la ligne d’arrivée. Mais cette fois, c’est la connaissance de ce repoussement de soi, de ses limites, qui me fait aller vers le deuxième.

Jour J – Top départ du Marathon de Hanoï !

Ligne de départ : je transpire déjà alors que j’ai dû marcher 400m entre mon hôtel et la ligne de départ… Mais l’ambiance festive et la ferveur de tous les coureurs me font vite oublier la chaleur, je vois les donneurs d’allure avec des ballons en forme de cœur, je me focalise sur le 4:15, prête à en découdre !

Jusqu’au 7e km, c’était assez difficile de s’acclimater, je dégouline littéralement, je m’efforce de boire beaucoup. Avec mes 2L d’eau je suis vraiment confiante pour le coup ça n’impacte pas ma motivation, j’étais assez fière d’avoir bien prévu. Il faisait nuit, j’ai dû courir pendant bien les 15 premiers km dans l’éclairage électrique des rues de la capitale.

Petit stress autour du 20e km, je ne me rappelle plus exactement, mais je courrai sur une route tellement bondée de voitures, motos et vélos, je n’ai pas compris les indications de parcours. J’ai continué sur le parcours du semi, les coureurs me disaient de faire demi-tour, les organisateurs présents sur le parcours me disaient de continuer… Tellement déçue de l’organisation. J’ai donc perdu plus de 2km pendant ce petit détour, au début j’avais éteint ma montre pendant plusieurs minutes, puis je me suis rendu compte que j’allais courir plus que 42 km et donc que c’était suffisant de finir ce marathon, je m’arrêterai au moment où ma montre m’aura indiqué avoir couru ces 42km195m. Je savais que la ligne d’arrivée je la franchirais en marchant, tant pis.

Ça commence à se compliquer vers le 25e km, je sens des douleurs dans mon dos alors que je n’avais jamais eu mal au dos. C’était à cause du voyage, de porter un bag pack de 15kg pendant 2 jours, de ne pas avoir si bien dormi… C’est supportable, je continue. Je connais 30km je l’ai déjà fait.

Je me focalise sur les paysages, c’est une capitale atypique. Le parcours nous fait courir le long d’un grand lac au milieu de la ville, ça a son charme. Je ne ressens pas le mur, mais je sens mes muscles se raidir… C’est le début de la fin.

De mémoire j’ai pris correctement gel et magnésium, je ne ressens ni de fatigue ni de faiblesse, je peux encaisser. Je peux encaisser oui, mais pas à plus de 6’00mn par km, mes jambes sont trop lourdes, trop raides. Je pense au moment où je vais être obligée de m’arrêter pour m’étirer et éviter les crampes. Jusqu’au 38e km, j’ai dû m’arrêter tous les 3km pour m’étirer et m’hydrater.

Je sentais la fin du marathon approcher, au 39e km je retrouve Capucine, mon binôme de course, c’était un soulagement ! Nous nous sommes motivées dans la douleur à finir ce marathon, j’avais tellement mal aux jambes. Je n’avais pas mal aux articulations donc à chaque fois que je m’étirais je pouvais repartir pour quelques km. Nous avons couru… et ma montre a sonné la fin du marathon. À ce moment-là j’ai vraiment tout donné pour arriver au plus vite, j’avais passé le sub 4h30 mais peu importe, c’était fini et c’était un incroyable combat. On a marché ensuite jusqu’à la ligne d’arrivée, pendant 2km c’était le plus dur je crois. Au moins on a pu avoir de jolies photos souvenirs !

Finishline Hanoi Marathon
Sur la ligne d’arrivée du Hanoï Marathon

2ème fois marathonienne !

Deuxième fois marathonienne, en 4h35, je suis sur un petit nuage. Je suis tellement fière de cet accomplissement. Je n’arrête pas d’y penser même une semaine après ! Juste un petit sentiment de frustration concernant les conditions extérieures de la course à Hanoï, entre 25 et 30°C, de la pollution et un mauvais balisage… Je ne recommanderais ce marathon à personne, à moins que vous vous soyez entrainé dans de telles conditions durant votre préparation.

Aujourd’hui, si je dois tirer des leçons de ce marathon ce serait :

  • Arrêter de courir dans des conditions qui ne sont pas celles de mon entraînement (entre le premier à Gizeh, le deuxième à Hanoï)
  • Ne pas prévoir de voyager avant ou après, la récupération s’est faite difficilement
  • Ajouter plus de renforcement musculaire, plus de fractionné. J’ai vraiment axé mon entrainement autour de longues sorties pour me rassurer et visualiser les distances.
  • Avoir confiance en son entraînement, son corps et son mental… Toujours le même adage : la douleur est temporaire, la fierté est éternelle…

Mon prochain objectif est le marathon de Paris, je suis tellement motivée que c’est limite si j’ai déjà planifié ma préparation… Objectif 4h15, 5 avril c’est vraiment faisable je suis confiante. Le parcours est incroyable et plusieurs amis vont se motiver aussi, l’occasion de se dépasser encore plus !

Si toi aussi tu veux partager tes expériences de course, envoie-nous un email avec ton récit et quelques photos !

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